Dans les résidences et immeubles de la Costa Blanca, la question des caméras revient à presque chaque assemblée de copropriétaires : vols de vélos au garage, intrusions nocturnes dans la piscine, dégradations dans le hall, voitures rayées… Et les mêmes questions reviennent toujours : peut-on installer des caméras dans la copropriété ? Qui décide ? Qui peut voir les images ? Et si un voisin installe une caméra sur sa porte ?
Dans cet article, nous répondons à tout cela à partir de notre expérience d’installation de caméras en copropriété à Benidorm, Altea, Calpe, Finestrat et ailleurs dans la région : ce que dit la loi espagnole, comment la décision est prise en assemblée, les obligations de la copropriété, les emplacements pertinents et les erreurs à éviter pour ne pas avoir de problèmes avec les voisins ni avec la protection des données.
Cet article ne remplace pas les conseils d’un avocat ou de l’administrateur de biens (administrador de fincas), qui connaissent le règlement et la situation précise. Nous apportons le regard pratique de ceux qui installent ces systèmes : ce qui fonctionne, ce qui pose problème et comment rendre les caméras utiles sans en faire une source de conflits.
Une copropriété peut-elle installer des caméras ?
Oui. En Espagne, une communauté de propriétaires peut installer un système de vidéosurveillance dans les parties communes (hall, garage, piscine, accès, caves), à condition que l’assemblée l’approuve et que la protection des données soit respectée : le RGPD et la loi organique espagnole 3/2018 (LOPDGDD), notamment son article 22 consacré à la vidéosurveillance.
Ce qui n’est pas permis : installer des caméras sans accord, laisser n’importe qui consulter les images ou enregistrer plus que nécessaire.
Comment la décision est prise en assemblée
La majorité requise
L’installation de caméras dans les parties communes est en général assimilée à la mise en place d’un service de surveillance d’intérêt commun. La loi espagnole sur la copropriété (Ley de Propiedad Horizontal) exige pour ce type d’accord le vote favorable des trois cinquièmes des propriétaires, représentant aussi les trois cinquièmes des quotes-parts. Faites vérifier le cas précis et le règlement par l’administrateur.
Ce que doit préciser la décision
- L’emplacement des caméras et les zones filmées.
- La finalité : la sécurité des personnes et des biens dans les parties communes.
- Le responsable du traitement (la copropriété) et les personnes autorisées à consulter les images (en général le président ou l’administrateur).
- La durée de conservation (un mois maximum, sauf incident).
- Le recours éventuel à une entreprise pour l’installation et la maintenance.
Les obligations de la copropriété en matière de protection des données
- Un panneau d’information visible aux accès des zones filmées, indiquant le responsable et la manière d’exercer ses droits.
- Pas d’enregistrement de la voie publique au-delà du strict nécessaire.
- Pas de captation de l’intérieur des logements ni des espaces privés (terrasses, fenêtres).
- Conservation un mois maximum, sauf incident.
- Accès limité aux personnes autorisées par la décision.
- Réponse aux demandes des résidents et tiers filmés.
- Information du personnel de la copropriété (gardien, ménage, jardinage).
Où installer des caméras dans une copropriété
Accès piétons et halls
C’est là que se produisent le plus d’incidents : personnes qui entrent derrière un résident, boîtes aux lettres forcées, portes abîmées. Une caméra bien placée à l’entrée, orientée vers l’intérieur, est souvent la plus utile.
Garages
Vols dans les véhicules, de vélos et dans les caves. Des caméras sur la rampe et dans les allées principales dissuadent et permettent de comprendre ce qui s’est passé.
Piscine et jardins
Dans les résidences du littoral, la piscine commune pose souvent problème hors des horaires. Prudence avec l’intimité des usagers : les caméras doivent surveiller les accès et le périmètre, pas les baigneurs.
Locaux techniques et caves
Lieux peu fréquentés où ont lieu vols et dégradations. Une caméra à l’accès suffit généralement.

Et si un voisin veut une caméra sur sa porte ?
Un propriétaire peut protéger l’accès à son logement, mais ne peut pas filmer les parties communes (palier, couloir, hall) au-delà du strict minimum, car cela touche à l’intimité des autres résidents. En pratique :
- Un judas numérique ou un visiophone qui ne capte l’image que lorsqu’on sonne est souvent une bonne solution.
- Une caméra qui filme en continu le palier ou le hall nécessite, en principe, l’accord de la copropriété.
- Dans une résidence de villas, chacun peut surveiller sa parcelle, mais pas les voies intérieures communes.
Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le visiophone pour villa.
Qui peut voir les images ?
C’est une source fréquente de conflits. Les images ne sont pas en libre accès pour tous les résidents. Seules les personnes désignées (président, administrateur ou entreprise de sécurité) peuvent les consulter, et uniquement pour un motif : vol, dégradation, incident. Toute personne filmée peut demander l’accès à ses propres images. En cas de délit, les images sont remises à la police ou au tribunal, et ne doivent pas circuler dans les groupes de messagerie ni sur les réseaux sociaux.
Choisir le bon système
- Caméras extérieures résistantes au soleil et à l’air marin.
- Bonne vision nocturne dans les garages et aux accès.
- Enregistreur dans un local protégé, à accès restreint.
- Masques de confidentialité pour masquer fenêtres ou espaces privés.
- Utilisateurs et droits dans l’application pour limiter l’accès.
- Intégration à une alarme dans les locaux techniques ou caves, si l’on veut de la détection en plus de l’enregistrement.
Pour approfondir le choix des caméras, lisez notre guide sur les caméras de surveillance.
Étape par étape : de l’idée aux caméras en service
- Identifier le problème : quels incidents, où et à quelle fréquence.
- Obtenir une proposition technique : emplacements, cadrages, types de caméras, enregistreur et prix.
- L’inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée, proposition jointe.
- Voter et consigner la décision au procès-verbal, avec les règles d’usage et d’accès.
- Installer et configurer, avec panneaux et masques de confidentialité.
- Informer résidents et personnel de la mise en service.
- Entretenir le système et vérifier régulièrement qu’il enregistre correctement.
Enregistrement local ou cloud ?
Pour une copropriété, nous recommandons en général un enregistreur local dans un local fermé à accès restreint, afin que la copropriété maîtrise directement les images. Le cloud peut servir de sauvegarde, à condition de savoir où sont hébergées les données et comment les accès sont gérés. Dans tous les cas, pas de conservation au-delà d’un mois sauf incident.
Et les fausses caméras ?
Certaines copropriétés envisagent des caméras factices « pour dissuader ». Même sans enregistrer, elles peuvent donner le sentiment d’être surveillé, créer des tensions et ne servent à rien lors d’un incident réel. Si le problème existe, mieux vaut une vraie solution, bien dimensionnée et conforme.
Que faire en cas d’incident
- Porter plainte auprès de la police ou de la Guardia Civil.
- Prévenir la personne désignée pour qu’elle retrouve l’extrait concerné.
- Conserver uniquement cet extrait et le remettre aux autorités sur demande.
- Ne pas diffuser les images entre voisins ni sur internet.
- Vérifier s’il faut améliorer un cadrage ou ajouter une caméra.
Les erreurs fréquentes en copropriété
- Installer sans décision d’assemblée, ou avec une décision floue.
- Filmer la rue ou l’entrée d’un immeuble voisin.
- Cadrer des fenêtres ou terrasses privées.
- Donner l’accès à trop de monde ou partager les images dans les groupes.
- Oublier le panneau d’information.
- Garder les enregistrements des mois sans raison.
- Ne pas entretenir le système.
Copropriétés avec de nombreux propriétaires étrangers
Dans beaucoup de résidences de la région cohabitent des propriétaires de plusieurs pays, pas toujours présents aux assemblées. Nous conseillons de rendre les informations sur les caméras disponibles aussi en français, en anglais et dans les autres langues utiles, et de communiquer clairement la décision à tous. Cela évite les malentendus.
Notre façon de travailler avec les copropriétés
- Visite avec le président ou l’administrateur des accès, garages et zones sensibles.
- Proposition technique avec emplacements, cadrages et prix, à présenter en assemblée.
- Installation respectueuse de la vie privée : orientation, masques, enregistreur protégé.
- Configuration des accès pour les seules personnes autorisées.
Découvrez notre service sur la page vidéosurveillance.

Questions fréquentes sur les caméras en copropriété
Quelle majorité pour installer des caméras en copropriété ?
En général, les trois cinquièmes des propriétaires représentant les trois cinquièmes des quotes-parts, selon la loi espagnole sur la copropriété. À confirmer avec l’administrateur.
Tout résident peut-il voir les enregistrements ?
Non, seules les personnes désignées, et pour un motif justifié.
Combien de temps garder les images ?
Un mois maximum, sauf incident.
Puis-je installer une caméra sur la porte de mon appartement ?
Vous pouvez protéger votre accès, sans filmer les parties communes au-delà du strict minimum. Un visiophone ou un judas numérique est souvent la meilleure option.
Faut-il un panneau ?
Oui, un panneau d’information visible aux accès des zones filmées.
Peut-on filmer la piscine commune ?
Oui, pour surveiller les accès et le périmètre, en respectant l’intimité des baigneurs.
Un devis clair à présenter en assemblée
Bien pensées, les caméras en copropriété ne servent pas à surveiller les voisins, mais à protéger ce qui appartient à tous. Si votre copropriété de la Costa Blanca envisage d’installer ou de moderniser ses caméras, nous préparons une proposition technique claire pour l’assemblée. Demandez votre devis sans engagement.

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